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 » Je me souviens que Pierre était de Montreuil. Qu’il a fallu 107 ans pour édifier la belle dame de l’île de la Cité. Que les ouvriers se servaient de roues à hamsters pour hisser les pierres à la hauteur idoine.

Les bâtisseurs de cathédrales, les « maçons » ont hérité de leur savoir, qui ont contribués à édifier notre société. Car le présent est surgi des fonds de ces âges intercalaires situés entre l’antiquité et les siècles modernes. Le Moyen-Âge, nommé d’après la période qu’il recouvre et non pour ce qu’il fût, il est souvent qualifié de trouble ou appelé les temps obscurs. Pourtant, ils rayonnent toujours. À travers le gothique flamboyant, les poèmes de Louise Labbé, Charles d’Orléans, François Villon ou Rutebeuf, les vitraux de la Sainte-Chapelle ou des cathédrales, les expressions contemporaines. Dresser la table, pendre la crémaillère’ où sont les serfs (sic)…par exemple remontent à cette époque, comme les trésors remontent des épaves englouties.

Ces expressions témoignent de la présence de 1000 ans d’histoire. En dépit de l’herméneutique des symboles utilisés sur les tapisseries ou les enluminures, de l’héraldique sur les blasons, malgré ce langage codé, le Moyen-Âge luit encore dans notre inconscient collectif.

Jérôme Rasto établit à travers sa peinture, selon la règle d’une foi contemporaine dans l’acte créateur, le royaume de l’homme.

Correspondances, ne me manque que le son des cloches à matines, à primes aux vêpres…l’écho de l’angélus qui se perd dans les clos, les coutils et par-dessus les métairies. Mais l’ange est luce !

Parti dans les abysses. Dans cet entre-monde, qui est propre à l’artiste. Étrangement peuplé de créatures marines, de crustacés qui côtoient sur fond de vitraux les serviles, les inféodés occupés aux travaux des jours. C’est un genre de hublot ouvert à l’observation dans lequel nous sommes plongés. Nous sommes immergés dans un monde sous-marin et terrestre à la fois, un tiers-monde entre le ciel et la terre. Cette troisième voie de l’esprit (asiatique), au milieu de la dualité (occidentale), est celle de l’imagination créatrice, la poésìa. La poésie n’est-elle pas ce qu’il y a de plus vrai dans un monde imaginaire!?

Le discours de l’artiste construit sa propre réalité. L’art est mensonger afin de mieux rendre compte du réel…mais il est plus vrai que le vrai. Un coucher de soleil sur la Tamise peint par Turner est plus vrai qu’un authentique coucher de soleil, dixit Oscar Wilde. Jérôme Rasto est le roi thaumaturge du royaume de sa vision du monde. Le Moyen-Âge s’est achevé sur la conquête de l’Amérique. Puisse le peintre nous guider dans la conquête de son univers..! « 

Sigismond Cassidanius

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